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16/07/2012

Le fanatisme de l’apocalypse de Pascal Bruckner

Pascal Bruckner, écologie, environnement, Sinuaué, fanatisme de l'apocalypseDéfendre une cause avec passion nécessite du temps, de l’investissement,  de la détermination et surtout une bonne dose convictions. Les échecs, les aléas, les doutes, les déceptions mais aussi les réussites viennent ponctuer le long parcours des combats menés pour faire avancer des idées. L’énergie accordée à l’entretien de  cette  flamme varie en fonction de l’intensité de l’implication chacun… Les plus engagés, prennent le risque d’être obnubilés, de rejeter toutes formes de contradictions et par conséquence doivent conserver un esprit critique qui permet d’endiguer toute forme naissante de sectarisme.

Fort de ce petit préambule, Sinaué, engagée dans le développement durable et l’écologie vous invite donc à lire le dernier livre de Pascal Bruckner « Le fanatisme de l’apocalypse ». 

Cet essai ou ce pamphlet est un outil schizophrénique pour tout écologiste qui se respecte.

En effet, à partir d’une large documentation, Pascal Bruckner critique toutes les théories avancées par les défenseurs de l’environnement en utilisant une multitude d’arguments crédibles, polémistes et voir parfois limites fallacieux. Afin que l’écho puisse exister,  il faut nécessairement qu’il y ait une écoute réceptive. Pour Pascal Bruckner l’homme aime à se faire peur  et  c’est pourquoi il a choisi de donner un accueil favorable à toutes les « prophéties catastrophistes  » ânonnés par les théoriciens de l’écologie.  Pour, lui l’écologie a une filiation originelle et une rhétorique commune avec la religion, le communisme, l’anticolonialisme et l’alter mondialisme, il étaye sa démonstration en mettant l’accent sur l’origine commune de tous les maux mis en avant par tous ces mouvements : « l’Homme ».

Alors, il s’interroge sur les effets « supposés négatifs » du réchauffement climatique, présente l’écologie comme une nouvelle religion où la fin du monde est annoncée à tous bouts de champs, souligne l’acte de contrition perpétuel qu’est demandée « aux adeptes » de ce mouvement, il stigmatise « le chantage aux générations futures », les « progressistes antis progrès », les donneurs de leçons, les ascètes de postures… il caricature, singe, réfute, dénigre… En résumé, Pascal Bruckner pense que le fait de présenter l’avenir comme un inconnu risqué engendre toutes les craintes, brouille le raisonnement, donne le champ libre à toutes les formes de sophismes, s’oppose aux progrès et en conclusion sclérose la société.

Mais le livre de Pascal Bruckner ne se résume pas uniquement à une charge visant les thèses et les choix de sociétés proposés par les défenseurs de l’environnement. Il reconnait qu’il existe une écologie « anthropocentrique ouverte » qui s’inscrit dans une relation plus équilibrée entre l’homme, la nature et la planète. Au fil des lignes, on découvre que son objectif est « d’ouvrir les consciences » et de rappeler à la raison tous ceux qui seraient tentés par la dictature des « dogmes écolos », l’intolérance et le fanatisme.

Au final on découvre un plaidoyer pour une écologie pragmatique qui vivrait en symbiose avec le progrès technologique, consciente de la nature humaine, capable d’aborder avec lucidité et sans passion « le champ des possibles » avec comme objectif l’avenir et non le passé.

Ce livre est donc une grande « lessiveuse » couplé d’un appel à la raison.

 

02/07/2012

Non au viaduc ferré dans le nord de l’étang de Thau (crique de l’angle)

Le nouveau tracé du TGV et du Fret reliant Montpellier à Perpignan commence à être dévoilé par Réseau Ferré de France. La moindre des choses que nous puissions dire c’est qu’il ne fait pas l’unanimité au regard des propositions « soumises à la concertation ». Parmi les hypothèses avancées par le gestionnaire du réseau ferré on trouve la construction d’un viaduc qui partirait de la zone des Clachs de Poussan couperait le  nord la crique de l’angle et poursuivrait sa route vers Gigean (voir la carte ci jointe lnmp-zone21.pdf).

thau,tgv,écologie,environnement,bouzigues,sète,mèze,lpo,natura 2000Construire une telle structure à la périphérie de l’étang de Thau suscite tout de même quelques interrogations…  Qu’adviendrait ‘il en cas d’accident de transport de marchandises polluantes ? Quid de l’image touristique du nord bassin de Thau connotée terroir et authenticité balafrée par une superstructure ? Quid de la cohérence des politiques territoriales, car l’Europe, l’Etat et les Collectivités locales ont investit des millions d’euros pour assainir les bassins versants, créer des aménagements, préserver un éco système et une économie fragile ?

La crique de l’angle a été durant des décennies un des endroits de l’étang de Thau le plus négligé voir malmené. Ces dernières années, après beaucoup d’efforts, d’actions citoyennes couplés à des investissements conséquents ce territoire a été  nettoyé, réhabilité, rendu accessible aux activités pédestres,  équestres et cyclistes. Devenue Natura 2000, la crique de l’angle abrite une multitude d’oiseaux qui viennent nicher et se reproduire parmi lesquels on retrouve des flamants roses, des aigrettes, des canards, des mouettes, des échasses blanches…sans parler de la faune aquatique de l’étang et de la vène. La nature a repris ses droits et cette zone humide est redevenue avec le temps une réserve sauvage où il fait bon se promener en silence.  

L’étang de Thau est une lagune magnifique avec une faune et une flore riche mais très interdépendante. L’équilibre ténu de cet éco système repose également sur l’impact des  activités humaines qui peuvent participer  à sa protection si elles sont mesurées ou à sa dégradation si elles sont invasives. En contribuant à la protection de ses berges, à faire découvrir ses beautés naturelles, sa géographie unique et ses produits d’élevages nous apprenons à aimer notre territoire et à le préserver. Sinaué est  persuadée qu’à partir du moment où les hommes aiment quelque chose il y a plus de chance qu’ils le respectent. Défigurer la crique de l’angle qui est une des particularités de l’étang de Thau constituerait donc un message bien négatif après tant d’efforts.

Il est donc nécessaire de  rester mobilisés et faire passer le message afin qu’un tel projet ne deviennent pas une réalité.

Pour en savoir plus : http://www.ligne-montpellier-perpignan.com/

25/06/2012

Et si l’aventure humaine devait échouer de Théodore Monod

Théodore Monod, environnement, Sinaué, humanisme, Thau, écologie« Et si l’aventure humaine devait échouer » est un livre de consciences. Pour Théodore Monod, son auteur, l’évolution de l’homme depuis son origine à aujourd’hui  l’a amené à passer du statut de composante de la nature à celui d’un être perturbateur des grands équilibres, consommateur  excessif, exterminateur, pilleur, dominateur, tueur, égocentrique... Triste tableau ! 

Son auteur est un écorché qui voit, dans tous les comportements et les dogmes de l’homme moderne, la genèse d’une civilisation  qui court à sa perte car pour lui, hors de la biocénose l’homme n’a point de salut ! Théodore Monod passe au crible tous les sujets avec ardeur. L’appât du gain, l’exploitation forestière, l’individualisme, la sagesse, la démographie, l’Afrique et son surprenant pantone de sept nuances, les projets de sociétés,  les guerres, le modernisme, les pollutions, l’évolution, la religion,  le totalitarisme, le droit des animaux, l’égocentrisme, la diversité, la science, les pesticides, la foi…  Il bouillonne, se réfère à des courants de pensées, s’offusque, s’indigne, dénonce et rejette un monde qui semble s’être établi autour d’un conformisme anthropomorphique.  Cet ouvrage est une éruption plinienne remplies d’idées, de cultures, de passions, de dénonciations  tous les  sujets sont traités simultanément car,  Théodore Monod les considère comme indissociables.  Pour un lecteur non averti et distrait, cette effervescence pourrait ressembler à un inventaire critique de la nature humaine comparable à « la complainte du progrès » de Boris Vian. Il faut donc s’accrocher pour ne pas tomber dans un jugement rapide et être certain de pouvoir suivre le fil conducteur du « raisonnement multiforme » de son auteur … En effet, cela se mérite !

Au milieu de ce « tout », même si l’on ne partage pas l’ensemble des idées, le ton parfois moralisateur, les tentatives de culpabilités et le pessimisme de ce grand Monsieur de sciences, chacun pourra y retirer un message de sagesse, faire sienne des vérités, retenir et  transmettre des réflexions humanistes. Ce livre contribuera surtout à enrichir la  conscience environnementale de tous ceux qui auront été tentés par la lecture de ces mots écrits par un « homme qui crie dans le désert ».