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02/07/2012

Non au viaduc ferré dans le nord de l’étang de Thau (crique de l’angle)

Le nouveau tracé du TGV et du Fret reliant Montpellier à Perpignan commence à être dévoilé par Réseau Ferré de France. La moindre des choses que nous puissions dire c’est qu’il ne fait pas l’unanimité au regard des propositions « soumises à la concertation ». Parmi les hypothèses avancées par le gestionnaire du réseau ferré on trouve la construction d’un viaduc qui partirait de la zone des Clachs de Poussan couperait le  nord la crique de l’angle et poursuivrait sa route vers Gigean (voir la carte ci jointe lnmp-zone21.pdf).

thau,tgv,écologie,environnement,bouzigues,sète,mèze,lpo,natura 2000Construire une telle structure à la périphérie de l’étang de Thau suscite tout de même quelques interrogations…  Qu’adviendrait ‘il en cas d’accident de transport de marchandises polluantes ? Quid de l’image touristique du nord bassin de Thau connotée terroir et authenticité balafrée par une superstructure ? Quid de la cohérence des politiques territoriales, car l’Europe, l’Etat et les Collectivités locales ont investit des millions d’euros pour assainir les bassins versants, créer des aménagements, préserver un éco système et une économie fragile ?

La crique de l’angle a été durant des décennies un des endroits de l’étang de Thau le plus négligé voir malmené. Ces dernières années, après beaucoup d’efforts, d’actions citoyennes couplés à des investissements conséquents ce territoire a été  nettoyé, réhabilité, rendu accessible aux activités pédestres,  équestres et cyclistes. Devenue Natura 2000, la crique de l’angle abrite une multitude d’oiseaux qui viennent nicher et se reproduire parmi lesquels on retrouve des flamants roses, des aigrettes, des canards, des mouettes, des échasses blanches…sans parler de la faune aquatique de l’étang et de la vène. La nature a repris ses droits et cette zone humide est redevenue avec le temps une réserve sauvage où il fait bon se promener en silence.  

L’étang de Thau est une lagune magnifique avec une faune et une flore riche mais très interdépendante. L’équilibre ténu de cet éco système repose également sur l’impact des  activités humaines qui peuvent participer  à sa protection si elles sont mesurées ou à sa dégradation si elles sont invasives. En contribuant à la protection de ses berges, à faire découvrir ses beautés naturelles, sa géographie unique et ses produits d’élevages nous apprenons à aimer notre territoire et à le préserver. Sinaué est  persuadée qu’à partir du moment où les hommes aiment quelque chose il y a plus de chance qu’ils le respectent. Défigurer la crique de l’angle qui est une des particularités de l’étang de Thau constituerait donc un message bien négatif après tant d’efforts.

Il est donc nécessaire de  rester mobilisés et faire passer le message afin qu’un tel projet ne deviennent pas une réalité.

Pour en savoir plus : http://www.ligne-montpellier-perpignan.com/

25/06/2012

Et si l’aventure humaine devait échouer de Théodore Monod

Théodore Monod, environnement, Sinaué, humanisme, Thau, écologie« Et si l’aventure humaine devait échouer » est un livre de consciences. Pour Théodore Monod, son auteur, l’évolution de l’homme depuis son origine à aujourd’hui  l’a amené à passer du statut de composante de la nature à celui d’un être perturbateur des grands équilibres, consommateur  excessif, exterminateur, pilleur, dominateur, tueur, égocentrique... Triste tableau ! 

Son auteur est un écorché qui voit, dans tous les comportements et les dogmes de l’homme moderne, la genèse d’une civilisation  qui court à sa perte car pour lui, hors de la biocénose l’homme n’a point de salut ! Théodore Monod passe au crible tous les sujets avec ardeur. L’appât du gain, l’exploitation forestière, l’individualisme, la sagesse, la démographie, l’Afrique et son surprenant pantone de sept nuances, les projets de sociétés,  les guerres, le modernisme, les pollutions, l’évolution, la religion,  le totalitarisme, le droit des animaux, l’égocentrisme, la diversité, la science, les pesticides, la foi…  Il bouillonne, se réfère à des courants de pensées, s’offusque, s’indigne, dénonce et rejette un monde qui semble s’être établi autour d’un conformisme anthropomorphique.  Cet ouvrage est une éruption plinienne remplies d’idées, de cultures, de passions, de dénonciations  tous les  sujets sont traités simultanément car,  Théodore Monod les considère comme indissociables.  Pour un lecteur non averti et distrait, cette effervescence pourrait ressembler à un inventaire critique de la nature humaine comparable à « la complainte du progrès » de Boris Vian. Il faut donc s’accrocher pour ne pas tomber dans un jugement rapide et être certain de pouvoir suivre le fil conducteur du « raisonnement multiforme » de son auteur … En effet, cela se mérite !

Au milieu de ce « tout », même si l’on ne partage pas l’ensemble des idées, le ton parfois moralisateur, les tentatives de culpabilités et le pessimisme de ce grand Monsieur de sciences, chacun pourra y retirer un message de sagesse, faire sienne des vérités, retenir et  transmettre des réflexions humanistes. Ce livre contribuera surtout à enrichir la  conscience environnementale de tous ceux qui auront été tentés par la lecture de ces mots écrits par un « homme qui crie dans le désert ».   

23/04/2012

Printemps Silencieux de Rachel Carson

Il y a des sujets que l'on préfère éluder tant ils sont dérangeants voir anxiogènes... Aborder les interactions environnementales qu'engendre l'utilisation déraisonnée des produits biocides, insecticides, fongicides, chimiques et radioactifs n'est pas une chose aisée.

Dès 1962, alertée par ses contemporains, une biologiste américaine, Rachel Carson s'est penchée sur ce sujet et fini par écrire "Printemps silencieux". A partir d'exemples répertoriés à l'échelle mondiale, ce livre décrit de manière détaillée, scientifique et citoyenne les conséquences d'une utilisation systématique de produits chimiques dans la lutte contre toutes formes de nuisibles. Notons, que cette étude a été réalisée à une date où les supports numériques n'existaient pas... saluons donc ce travail de bénédictin.

Mais Rachel Carson ne s'arrête pas  au stade du constat et de l'indignation, elle propose des pistes afin que de nouvelles pratiques prennent l'ascendant  sur le tout chimique.environnement, Rachel Carson, printemps silencieux, épandages, pollution, Al Gore,

Et c'est toujours au travers d'une multitude de sources  internationales qu'elle étaye ses arguments en mettant en avant les capacités de la nature à lutter contre toutes formes de maladies et d'invasions.

Ce livre constitue donc la pierre angulaire de la conscience écologique où sont gravés les fondamentaux d’une relation nouvelle et pérenne de l'homme dans son environnement.  

En 2012, nous fêtons les 50 ans de "printemps silencieux" et les enseignements présentés dans ce document ont été trop souvent ignorés. Malheureusement, nos rivières, nos plages, nos lacs, la chaine alimentaire et nos organismes sont pollués... Le reportage Infrarouge diffusé le 17 avril 2012 sur France 2 « la mort est dans le pré » en est la triste illustration…

Comme disait Jean Rostand : « l’obligation de subir nous donne le droit de savoir »

Pour que le message passe il faut lire et faire lire "Printemps silencieux" (éditions wildproject / domaine sauvage)
...

 

Madame Carson, merci.